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Avortement : Bruxelles veut contourner les lois nationales

L’accès à l’avortement demeure profondément inégal en Europe : tandis qu’en France l’avortement est désormais inscrit dans la Constitution, d’autres pays maintiennent une législation restrictive, au nom de leur souveraineté et de leur conception de la protection de la vie humaine.

C’est notamment le cas de Malte, où l’avortement reste, fort heureusement, largement interdit. En Pologne, pays de 38 millions d’habitants doté de l’une des législations les plus strictes d’Europe, seuls 896 avortements ont été officiellement pratiqués en 2024, un chiffre brandi par les partisans d’une harmonisation européenne comme la preuve d’un accès jugé insuffisant.

C’est dans ce contexte qu’un texte a été adopté à la mi-décembre au Parlement européen, faisant écho à une pétition ayant recueilli plus d’un million de signatures dans plusieurs États membres. Portée par le collectif féministe « Ma voix, mon choix », cette initiative demande à la Commission européenne de mettre en place un mécanisme permettant aux personnes résidant dans un pays où l’avortement est restreint de se rendre, à moindre coût, dans un autre État membre où il est autorisé. Le dispositif serait financé par Bruxelles et par des États volontaires.

Ce projet a été largement soutenu par les eurodéputés des groupes de gauche et du centre, qui y voient une extension concrète des droits dits reproductifs à l’échelle européenne.

À l’inverse, il a été rejeté par les groupes conservateurs et par une partie de la droite, qui dénoncent à juste titre une ingérence directe de l’Union européenne dans des domaines relevant des compétences nationales. L’eurodéputé français François-Xavier Bellamy a ainsi rappelé que l’Union ne devait pas intervenir sur ces questions sensibles, soulignant que « ce qui concerne la compétence des États membres ne doit pas être transféré à Bruxelles ». Une position partagée par plusieurs pays attachés à leur autonomie législative en matière éthique.

Au-delà de l’aspect juridique, cette initiative illustre une tentative de contournement des législations nationales par des mécanismes financiers et logistiques européens. En facilitant le déplacement transfrontalier pour accéder à l’avortement, l’Union risquerait de neutraliser de facto les choix démocratiques de certains peuples et de réduire la diversité éthique de l’Europe à une norme unique.

La Commission européenne s’est engagée à examiner cette pétition avant mars 2026, sans être toutefois tenue de la transformer en acte juridique contraignant. Mais pour les défenseurs de la vie, le signal est clair : sous couvert de solidarité et de liberté de choix, se dessine une pression croissante visant à imposer une vision idéologique de l’avortement, au détriment de la souveraineté des États et de la protection des plus vulnérables.

 

                                                  Adèle Cottereau

 

 

Source : https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20251217-le-parlement-europ%C3%A9en-fait-pression-pour-faciliter-l-acc%C3%A8s-%C3%A0-l-ivg-%C3%A0-travers-le-continent 

 

Photo: Adobe Stock

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