France : toujours plus d’avortements, toujours moins de naissances
Le nombre d’avortements continue d’augmenter en France. Selon la dernière étude annuelle publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), 259 400 avortements ont été recensés en 2025, soit une hausse de 2,9 % par rapport à l’année précédente.
Dans le même temps, l’Insee a enregistré environ 645 000 naissances. Rapportés aux seules naissances et aux avortements, ces chiffres donnent la mesure du phénomène : on compte désormais environ un avortement pour moins de 2,5 naissances.
La transformation des pratiques se poursuit également. En 2025, 81 % des avortements ont été réalisés par voie médicamenteuse. La Drees souligne que c’est essentiellement l’augmentation des avortements effectués hors des établissements de santé qui explique la progression globale.
Désormais, près de la moitié des avortements sont pratiqués en dehors d’un établissement hospitalier. La situation a profondément changé en vingt ans : en 2004, tous les avortements étaient réalisés en établissement de santé et la méthode instrumentale représentait encore 57 % des interventions.
La téléconsultation prend également une place croissante. Parmi les avortements réalisés par ce moyen, 76 % le sont sous anonymat. Au total, les avortements effectués sous anonymat représentent 7,8 % de l’ensemble des avortements pratiqués en 2025.
Les sages-femmes occupent désormais une place importante dans la pratique des avortements en ville. En 2025, 1 690 sages-femmes ont réalisé près de 60 000 avortements en cabinet libéral. La Drees relève par ailleurs qu’une petite proportion des professionnels concentre un nombre élevé d’actes : 7 % des sages-femmes et 5 % des médecins concernés ont réalisé au moins 100 avortements dans l’année.
Autre donnée significative : après une longue période de relative stabilité, le taux de recours à l’avortement augmente de nouveau. Il atteint désormais 17,8 avortements pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans, et cette progression concerne toutes les classes d’âge depuis 2022.
L’indice conjoncturel d’avortement atteint quant à lui 0,63. Aux taux actuels par âge, cela correspondrait théoriquement à plus de six avortements pour dix femmes au cours de leur vie féconde si chaque intervention concernait une femme différente.
Ces chiffres posent une question qui demeure largement absente du débat public : pourquoi le nombre d’avortements continue-t-il d’augmenter ?
Pour les défenseurs de la vie, l’enjeu ne devrait pas seulement consister à faciliter toujours davantage l’accès à l’avortement. Il devrait aussi être possible de s’interroger sur les situations économiques, familiales ou psychologiques qui peuvent conduire certaines femmes à avorter alors qu’elles auraient souhaité pouvoir accueillir leur enfant.
Une véritable politique de prévention supposerait de mieux accompagner les femmes enceintes en difficulté, de leur proposer des alternatives concrètes et de s’assurer qu’aucune décision n’est prise sous la pression, la peur ou l’isolement.
Au moment où le gouvernement envisage encore de modifier le cadre légal de l’avortement, la hausse continue de ces actes mérite au moins une question : une société peut-elle se satisfaire de voir ces chiffres progresser année après année sans chercher à en comprendre les causes ?
Adèle Cottereau
Sources : https://genethique.org/259-400-avortements-en-france-en-2025-une-grossesse-sur-35-a-ete-interrompue/
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2026-09/ER1384_IVG_0.pdf
https://www.insee.fr/fr/statistiques/8719824
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