« La médecine ne peut devenir la servante de la mort » : le message de Léon XIV à la France
Le vingt-deux juin dernier, à quelques mois de son premier voyage en France et alors que le Parlement débattait encore du projet de loi sur l’aide à mourir, le pape Léon XIV a adressé un message particulièrement fort en recevant au Vatican les responsables de la Fondation Jérôme-Lejeune, réunis pour le centenaire de la naissance du célèbre généticien français. Dans cette missive, le Saint-Père a rappelé avec vigueur la vocation de la médecine et mis en garde contre toute dérive qui conduirait à faire du médecin un acteur de la mort plutôt qu’un serviteur de la vie.
Dans une allocution particulièrement remarquée, le Saint-Père a rendu hommage au célèbre généticien français, découvreur de la trisomie 21 et défenseur infatigable des enfants à naître. Il a également salué le travail de la Fondation Jérôme-Lejeune, engagée à la fois dans la recherche, le soin et la défense de la vie auprès des pouvoirs publics.
Mais ce sont surtout ces paroles qui ont marqué les esprits :
« Jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée ! »
Sans citer explicitement l’avortement ni l’euthanasie, Léon XIV dénonce une médecine qui, lorsqu’elle perd ses repères éthiques, risque d’abandonner sa mission de protection des plus fragiles.
Le pape a également tenu à encourager très clairement la Fondation Jérôme-Lejeune dans son action publique :
« Je tiens à vous exprimer mes encouragements dans votre engagement en faveur de la vie et de la dignité humaine. »
Pour Jean-Marie Le Méné, président de la fondation, ces paroles ne doivent rien au hasard. L’organisation est régulièrement auditionnée par les autorités françaises sur les grandes questions bioéthiques, notamment lors des débats consacrés à la fin de vie.
« Nous sommes régulièrement auditionnés par les pouvoirs publics, une dizaine de fois sur la loi fin de vie. Le pape sait que nous sommes très investis », explique-t-il, voyant dans cette audience « peut-être un message pour la France ».
Léon XIV a également rendu un vibrant hommage à Jérôme Lejeune, déclaré vénérable en 2021, rappelant son combat contre ce qu’il appelait le « racisme chromosomique », c’est-à-dire l’élimination systématique des enfants diagnostiqués porteurs d’une trisomie 21 avant leur naissance.
Le pape a surtout mis en garde contre une conception de la médecine guidée par des critères d’efficacité ou d’utilité plutôt que par le respect inconditionnel de la personne humaine :
« La technique médicale, lorsqu’elle échappe à tout contrôle éthique indispensable et que prévalent des calculs d’efficacité, de rentabilité ou d’utilité, peut se retourner contre la médecine elle-même. »
Depuis le début de son pontificat, Léon XIV privilégie les expressions de « défense de la vie » et de « dignité humaine » plutôt que de multiplier les prises de position sur chaque sujet bioéthique. Mais cette fois, devant les responsables de la Fondation Jérôme-Lejeune, son message apparaît particulièrement explicite.
Selon plusieurs informations concordantes, le Saint-Père pourrait d’ailleurs visiter en septembre prochain la Maison médicale Jeanne-Garnier, principal établissement français de soins palliatifs. Un geste qui soulignerait, une nouvelle fois, que la réponse à la souffrance n’est pas de provoquer la mort, mais d’accompagner, de soulager et d’entourer les personnes les plus vulnérables.
Au moment où la France vient d’autoriser l’euthanasie, ces paroles résonnent comme un appel exigeant. Elles rappellent que la grandeur d’une médecine ne se mesure pas à sa capacité de mettre fin à une vie, mais à sa fidélité à sa mission première : soigner, accompagner et protéger toute personne, jusqu’à son dernier souffle.
Adèle Cottereau
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