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Soigner jusqu’au bout : le Sénat valide un texte clé sur les soins palliatifs

Soigner jusqu’au bout : le Sénat valide un texte clé sur les soins palliatifs

 

Le Sénat a définitivement adopté, le 11 mai dernier, le texte visant à renforcer l’accès aux soins palliatifs en France. Cette proposition de loi, portée par la députée Annie Vidal, constitue l’un des deux volets de la réforme de la fin de vie actuellement débattue au Parlement. Contrairement au projet controversé sur « l’aide à mourir », ce texte a suscité un large consensus au sein de la chambre haute.

Adopté à une très large majorité — 325 voix contre 18 — le texte a été validé sans modification afin de permettre une mise en œuvre rapide. Dans un contexte où la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté divise profondément le pays, ce vote rappelle qu’une autre voie existe face à la souffrance : celle du soin, de l’accompagnement et de la solidarité envers les personnes fragiles.

Le texte entend améliorer l’accès aux soins palliatifs sur l’ensemble du territoire, alors que de nombreux patients en sont encore privés aujourd’hui. Pour beaucoup de défenseurs des soins palliatifs, cette insuffisance constitue l’un des grands scandales silencieux de la fin de vie en France. Certains malades demandent la mort non parce qu’ils veulent réellement mourir, mais parce qu’ils souffrent, se sentent abandonnés ou n’ont pas accès à un accompagnement digne.

Philippe Mouiller, président Les Républicains de la commission des Affaires sociales du Sénat, a insisté sur ce point : « C’était pour nous un point essentiel de marquer que notre priorité, ce sont avant tout les soins palliatifs, quelles que soient les convictions des uns et des autres sur le second texte » consacré à l’aide à mourir.

La réforme prévoit notamment la création de maisons d’accompagnement et de soins palliatifs, structures intermédiaires entre le domicile et l’hôpital. Ces établissements permettront aux patients de bénéficier d’un suivi médical, d’un accompagnement humain et, lorsque cela est nécessaire, d’une sédation profonde et continue.

Le texte redéfinit également la notion même de soins palliatifs, en mettant davantage l’accent sur l’accompagnement global de la personne souffrante, « de tout âge », et plus particulièrement des personnes approchant de la fin de leur vie. Cette évolution rappelle que les soins palliatifs ne se limitent pas à la gestion technique de la douleur, mais concernent aussi la présence humaine, le soutien psychologique, l’écoute des familles et le refus de l’abandon.

La loi inscrit aussi dans la durée une « stratégie nationale pluriannuelle » dédiée aux soins palliatifs, dotée de plus d’un milliard d’euros sur dix ans. La ministre déléguée à l’Autonomie, Camille Galliard-Minier, a mis en avant plusieurs résultats déjà obtenus : « 600 nouveaux lits de soins palliatifs ouverts depuis deux ans », « 12 ouvertures d’unités de soins palliatifs » ainsi que « 353 millions d’euros de crédits supplémentaires » engagés.

Malgré ce soutien très large, plusieurs sénateurs ont rappelé qu’une véritable politique palliative ne peut exister sans moyens financiers durables et suffisants. La rapporteure centriste Jocelyne Guidez a ainsi souligné : « Si cette proposition de loi porte des vraies avancées et impulse une ambition pour les soins palliatifs, c’est surtout (…) le respect des engagements budgétaires pris par le gouvernement qui permettra de changer la donne dans nos territoires. »

Dans le débat actuel sur la fin de vie, ce vote met en lumière une question essentielle : avant d’envisager de légaliser la mort administrée, la société française est-elle réellement allée au bout de ce qu’elle pouvait faire pour soulager, accompagner et entourer ceux qui souffrent ? Beaucoup craignent qu’en ouvrant la porte à l’euthanasie alors que les soins palliatifs demeurent insuffisamment accessibles, la France n’envoie un signal dramatique aux personnes âgées, malades ou vulnérables : celui d’une société qui considère progressivement la mort comme une solution au manque de soins et de solidarité.

Dans le contexte actuel, le renforcement des soins palliatifs est devenu incontestablement une urgence humaine et morale.

                                                 Adèle Cottereau

 

Source : https://www.bfmtv.com/sante/reforme-de-la-fin-de-vie-le-senat-adopte-definitivement-un-texte-renforcant-l-acces-aux-soins-palliatifs_AD-202605110717.html

 

Photo: Adobe Stock

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