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Quand la médecine trie la vie : l’alerte de la Fondation Lejeune

       Quand la médecine trie la vie : l’alerte de la Fondation Lejeune

 

À l’heure où s’ouvre un nouveau cycle de révision des lois de bioéthique, la Fondation Jérôme Lejeune tire la sonnette d’alarme. Elle met en garde contre une évolution préoccupante du cadre législatif français, pointant des dérives eugénistes déjà signalées à plusieurs reprises par les instances internationales.

 

Dans son communiqué publié début mars, la Fondation souligne d’emblée que « des alertes de l’ONU pointent l’eugénisme qui se développe en France » et appelle à ce que ces mises en garde soient « prises en considération et traduites dans la loi pour contenir ces dérives ». Elle dénonce en particulier « l’orientation utilitariste et discriminatoire de l’industrie de la procréation », qui « porte atteinte d’abord à la dignité et à la place des personnes en situation de handicap ».

 

Depuis plus de dix ans, le Comité des droits des personnes handicapées des Nations unies alerte sur les risques liés au dépistage prénatal et à certaines pratiques médicales contemporaines. La Fondation rappelle que ces avertissements établissent un lien inquiétant entre le début et la fin de la vie : « il fait ainsi implicitement le lien entre la sélection prénatale, en début de vie, et la tentation de supprimer les vies “indignes”, à la fin de la vie ». Dans ce contexte, elle estime que la loi bioéthique actuelle devient « le terreau du tri anténatal ».

 

Ce débat intervient alors que les États généraux de la bioéthique sont relancés dans un climat jugé préoccupant. La Fondation observe qu’ils se tiennent « dans un contexte politique instable, en plein débat sur la légalisation de l’euthanasie, et dans une indifférence notoire ». Elle y voit pourtant une occasion décisive d’interpeller les citoyens et les responsables politiques.

 

Plusieurs rencontres sont organisées à travers le pays et en ligne. Les citoyens peuvent notamment participer à Besançon, le 26 mars, à Lille, le 20 avril, ou encore à des webinaires proposés par les ERER, notamment le 16 mars (EREGE) ou le 26 mars (EREidf). Il est également possible de contribuer en ligne sur des thématiques comme la PMA, l’intelligence artificielle en santé ou le don d’organes jusqu’au 3 avril.

 

Au cœur des préoccupations de la Fondation figure la possible légalisation du DPI-A (diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies). Elle alerte sur le fait que cette technique consiste à « traquer les embryons porteurs d’anomalies du nombre de chromosomes », notamment la trisomie 21, et la qualifie sans ambiguïté de « technique par nature eugéniste qui contribue à l’élaboration d’une norme génétique ».

 

La Fondation s’inquiète également d’autres évolutions technologiques et législatives qui, selon elle, accélèrent une « technicisation déshumanisante de la PMA » : création de gamètes artificiels, embryons à trois ADN, diagnostic pré-conceptionnel ou encore extension des conditions d’accès à la procréation médicalement assistée, notamment la PMA post-mortem ou la ROPA.

 

Face à ces enjeux, la Fondation Jérôme Lejeune entend mobiliser le public et propose plusieurs outils concrets pour nourrir le débat et sensibiliser les citoyens.

Elle lance tout d’abord un tour de France de ciné-conférences autour d’un documentaire retraçant trente ans de lois de bioéthique. Ce film donne la parole à « juristes, scientifiques, philosophes et familles » afin de montrer « l’impact concret de ces choix sur la société » et de souligner « l’urgence de réhumaniser la loi bioéthique ».

 

La Fondation inaugure également une chaîne YouTube intitulée « humains » (https://www.youtube.com/@humainsOfficiel), destinée à décrypter « les évolutions de la médecine et de la science lorsqu’elles interrogent la dignité de la personne humaine », avec l’ambition de « nourrir le débat public ».

Une chaîne Whatsapp est aussi mise en place pour permettre à chacun de « s’informer et s’engager pour défendre la vie humaine » dans un contexte d’évolution rapide des lois.
Enfin, le site https://genethique.org/ propose chaque semaine des analyses approfondies menées par des experts sur des sujets tels que la recherche sur l’embryon, la procréation ou la fin de vie. Présenté comme « un véritable lieu de formation et d’analyse », il se veut fondé sur « une approche scientifique, réaliste et objective ».

À travers cette mobilisation, la Fondation Jérôme Lejeune appelle à une prise de conscience collective. Pour elle, la révision des lois de bioéthique ne peut être dissociée d’une question fondamentale : celle de la dignité humaine, dès ses premières étapes, et du refus de toute logique de sélection ou d’exclusion.

 

                                   Adèle Cottereau

 

Source : https://lesalonbeige.fr/revision-des-lois-de-bioethique-et-risques-deugenisme/

Photo: Adobe Stock

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