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Royaume-Uni : les députés disent non à la légalisation de l’aide à mourir

Royaume-Uni : les députés disent non à la légalisation de l’aide à mourir

 

C’est un revers important pour les partisans de l’euthanasie et du suicide assisté au Royaume-Uni. Le 11 septembre, après quatre heures de débats, les députés britanniques ont rejeté à la Chambre des Communes le projet visant à légaliser l’« aide à mourir » en Angleterre et au pays de Galles. Seize voix ont fait la différence. La pratique restera donc interdite.

Le texte prévoyait d’autoriser certains adultes atteints d’une maladie incurable en phase terminale, dont l’espérance de vie était estimée à moins de six mois, à demander une assistance pour mettre fin à leurs jours. La procédure devait notamment recevoir l’accord de deux médecins et être examinée par un comité d’experts.

Le rejet est d’autant plus significatif que le principe de la réforme avait déjà obtenu l’appui des Communes lors d’un précédent vote, en juin 2025. Mais son parcours parlementaire avait ensuite rencontré une résistance considérable à la Chambre des Lords, où quelque 1 200 amendements avaient été déposés.

Les promoteurs du texte ont dénoncé une stratégie d’obstruction. Mais derrière les batailles de procédure demeurait une opposition de fond : peut-on autoriser la médecine à provoquer la mort tout en garantissant durablement que cette possibilité ne s’étendra pas progressivement à d’autres situations ?

Cette crainte a notamment été exprimée par le député conservateur Edward Leigh, qui a averti que l’« aide à mourir » risquait, avec le temps, d’évoluer vers un véritable « suicide assisté ».

Les partisans de la réforme ont, à l’inverse, insisté sur les souffrances de certains patients en phase terminale. L’association My Death, My Decision a regretté le résultat du vote, estimant que les personnes disposant de moyens financiers continueront de pouvoir se rendre en Suisse pour mettre fin à leurs jours, tandis que les autres resteront privées de cette possibilité.

Mais c’est précisément face à la souffrance que se pose la question essentielle de la réponse proposée par la société. La compassion envers une personne gravement malade impose-t-elle de rendre sa mort médicalement possible, ou exige-t-elle au contraire de renforcer les soins palliatifs, le soulagement de la douleur et l’accompagnement jusqu’au terme naturel de la vie ?

Le vote britannique intervient alors que plusieurs pays européens connaissent des débats similaires sur la fin de vie. Il rappelle surtout qu’une évolution présentée parfois comme inéluctable ne l’est pas. Malgré les arguments invoquant l’autonomie individuelle et malgré la progression initiale du texte, une majorité de députés a finalement refusé de franchir cette frontière.

En Angleterre et au pays de Galles, provoquer intentionnellement la mort d’un malade ne deviendra donc pas, pour l’heure, une nouvelle mission de la médecine.

                                       Adèle Cottereau

Source : https://www.courrierinternational.com/article/royaume-uni-angleterre-et-pays-de-galles-les-deputes-rejettent-la-legalisation-de-l-aide-a-mourir_269961

Photo: Adobe Stock

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