L’association Droit de Naître déplore vivement l’adoption définitive de la loi instaurant un « droit à l’aide à mourir ». En dépit des trois rejets successifs du Sénat, de l’absence de consensus dans le monde médical, des mises en garde de nombreux spécialistes des soins palliatifs, des juristes, des représentants religieux et de milliers de citoyens, le gouvernement a choisi de faire triompher ce texte.
Pour la première fois de son histoire, la France fait entrer dans son droit le principe selon lequel un médecin pourra provoquer délibérément la mort d’un patient. Cette loi constitue une grave offense faite à Dieu – seul maître de la vie – et une rupture majeure de notre pacte social. Hier encore, la mission du soignant était de soigner, de soulager et d’accompagner. Désormais, la loi lui reconnaît aussi le pouvoir de donner la mort.
Nous refusons cette inversion profonde de la vocation de la médecine. Nous refusons qu’une société confrontée au vieillissement, à la dépendance et à la souffrance choisisse de répondre par la mort plutôt que par davantage de solidarité, de soins palliatifs et d’accompagnement.
- Lecornu a annoncé la saisine du Conseil constitutionnel afin qu’il examine plusieurs dispositions essentielles de cette loi. Ce recours devrait notamment porter sur la protection de la dignité humaine, les garanties entourant le consentement ainsi que la liberté des établissements de santé qui refusent de participer à des actes euthanasiques. Cette initiative confirme qu’au sommet même de l’État, des doutes majeurs subsistent quant à la conformité de cette loi avec nos principes constitutionnels les plus fondamentaux.
La bataille parlementaire est terminée. La bataille juridique, elle, commence.
Droit de Naître prendra toute sa part dans ce combat et continuera de défendre des vérités simples : la dignité d’une personne ne disparaît jamais avec la maladie, la dépendance ou la souffrance. Une civilisation se juge à la manière dont elle protège les plus fragiles, non à la facilité avec laquelle elle organise leur mort. Tuer n’est pas et ne sera jamais un soin.