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Après le vote du Sénat, empêchons le passage en force sur l’euthanasie

Après le vote du Sénat, empêchons le passage en force sur l’euthanasie

 

Le rejet du texte sur l’euthanasie par le Sénat a marqué un coup d’arrêt important. Il a montré qu’une part décisive de la représentation nationale refuse de banaliser la mort administrée et de faire entrer dans la loi une rupture aussi grave. Mais rien n’est encore joué. Ce vote ne met pas fin au danger. Au contraire, les prochains jours seront déterminants.

Trois scénarios sont désormais sur la table.
Le premier serait celui d’une commission mixte paritaire. Le gouvernement pourrait réunir sept députés et sept sénateurs pour tenter d’aboutir à un texte commun. En théorie, cette procédure vise à rapprocher les positions des deux chambres. En pratique, sur un sujet aussi profondément clivant, elle risque surtout de servir de marchepied pour contourner le rejet du Sénat. Et si cette commission échoue, ce qui est très probable, le gouvernement pourrait ensuite donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, nettement plus favorable au texte.

Le deuxième scénario serait la poursuite de la navette parlementaire, avec une nouvelle lecture dans chaque chambre. Cette voie paraît aujourd’hui peu crédible, tant l’écart entre les positions reste profond.

Le troisième scénario, enfin, serait celui d’une consultation directe des Français. La proposition référendaire portée par le sénateur Francis Szpiner a déjà dépassé le seuil nécessaire de soutiens parlementaires. Si elle est validée, elle permettrait que le peuple soit directement consulté sur une question qui engage bien davantage qu’une simple réforme technique : notre rapport à la vie, à la souffrance, à la dépendance et à la dignité humaine.

Dans cette situation, un point est capital : la décision immédiate appartient au Premier ministre. C’est lui qui peut choisir de respecter le vote du Sénat ou, au contraire, d’engager une procédure permettant de passer en force. Or le président de la République avait lui-même promis une « co-construction transpartisane » sur ce sujet. Respecter cette promesse suppose de ne pas balayer d’un revers de main le refus clair exprimé par la chambre haute.

C’est pourquoi il faut agir maintenant.

Chaque citoyen attaché à la dignité de la fin de vie, à la protection des plus fragiles et au refus de la mort provoquée devrait écrire au Premier ministre pour lui demander une chose simple : ne pas convoquer de commission mixte paritaire et respecter le vote du Sénat.

Le message à faire passer est limpide : ne passez pas en force sur la mort administrée.
Il ne s’agit pas d’un geste symbolique sans effet. Dans ce type de moment politique, les messages comptent. Un message isolé peut sembler peu. Mais des centaines, des milliers de messages peuvent peser dans la décision. Ils manifestent une vigilance, une opposition, une conscience civique. Ils rappellent au gouvernement que ce débat n’est pas clos, et que beaucoup de Français refusent qu’on transforme la médecine en pouvoir de donner la mort.

Il existe pour cela un formulaire de contact du Premier ministre, accessible en ligne, qui permet d’envoyer un message en quelques minutes. Voici le lien :

https://www.info.gouv.fr/contact/premier-ministre

Le vote du Sénat a ouvert une brèche d’espérance, mais cette espérance doit maintenant être défendue. Si les citoyens attachés à la vie ne se mobilisent pas, le gouvernement pourra être tenté de passer outre et d’imposer par procédure ce qu’il n’a pas obtenu dans un vrai consensus. Écrire au Premier ministre, aujourd’hui, c’est refuser ce passage en force et rappeler que les plus fragiles n’ont pas besoin qu’on abrège leur vie, mais qu’on les accompagne jusqu’au bout.

Adèle Cottereau

Source : https://lesalonbeige.fr/euthanasie-comment-agir-apres-le-rejet-du-texte-par-le-senat/

 

Photo: Adobe Stock

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