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Andorre : Emmanuel Macron veut faire tomber un bastion pro-vie

Andorre : Emmanuel Macron veut faire tomber un bastion pro-vie

 

À l’occasion de sa visite en Andorre, Emmanuel Macron a choisi d’intervenir sur l’un des sujets les plus sensibles de la principauté : l’interdiction totale de l’avortement. Le président français, également coprince d’Andorre, a publiquement souhaité que le débat sur la dépénalisation de l’avortement « progresse », estimant qu’il répondrait à une attente exprimée par une partie de la population. Cette déclaration n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une pression croissante exercée sur l’un des très rares États européens qui résistent encore à la banalisation de l’avortement.

 

Depuis la Plaça del Poble, à Andorre-la-Vieille, Emmanuel Macron a osé affirmer : « Je souhaite que ce débat progresse et qu’il permette de répondre à une demande que j’entends ». Il a également salué l’orientation prise par le gouvernement andorran, jugeant que la proposition d’« avancer » lui paraissait « proportionnée ».

 

Le chef du gouvernement andorran, Xavier Espot Zamora, avait déjà indiqué, fin mars, vouloir parvenir d’ici un an à une dépénalisation de l’avortement, sans aller jusqu’à sa légalisation formelle. Mardi encore, il a reconnu qu’il s’agissait d’« une revendication présente dans notre société », tout en précisant que l’exécutif cherchait une solution « mûrement réfléchie et négociée » afin de ne pas déstabiliser les équilibres institutionnels du pays.

 

Car Andorre occupe une place à part en Europe. Avec le Vatican, la principauté demeure l’un des seuls États du continent à interdire totalement l’interruption volontaire de grossesse, y compris dans les cas les plus invoqués par les partisans de sa dépénalisation : viol, inceste, danger pour la mère ou maladie grave de l’enfant à naître. Cette position exceptionnelle fait aujourd’hui d’Andorre une cible privilégiée pour ceux qui veulent imposer partout le même modèle anthropologique, fondé sur l’idée que l’avortement devrait devenir un droit intangible.

Le point essentiel est là. Ce qui est présenté comme une simple évolution juridique ou une adaptation pragmatique correspond en réalité à une remise en cause profonde du principe même de protection de la vie innocente. Dépénaliser l’avortement, même sans le « légaliser » officiellement, revient à faire sauter un verrou moral et juridique majeur. Une fois ce pas franchi, l’histoire récente de nombreux pays montre que la pression continue presque toujours dans le même sens : élargir, banaliser, intégrer, puis sacraliser.

 

La situation andorrane est d’autant plus délicate que toute modification de ce cadre suppose un dialogue avec le Saint-Siège, en raison de l’organisation institutionnelle singulière de la principauté. Ce simple fait rappelle que la question ne relève pas seulement d’un arbitrage politique ordinaire. Elle touche à la conception même de l’homme, à la responsabilité de l’État face aux plus faibles, et à l’héritage chrétien d’un pays.

 

En appelant Andorre à « progresser », Emmanuel Macron reprend en réalité le vocabulaire habituel d’une modernité qui assimile la protection de l’enfant à naître à un archaïsme à dépasser.         

 

                                              Adèle Cottereau

 

Source : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/andorre-emmanuel-macron-souhaite-que-le-debat-sur-la-depenalisation-de-l-avortement-progresse-20260428

Photo: Adobe Stock

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