Euthanasie : pour Léon XIV, la médecine ne doit pas renoncer à sa mission
La visite de Léon XIV en France a constitué un encouragement particulièrement fort pour les soignants qui refusent de voir la médecine devenir un instrument de mort. Quelques semaines après la promulgation de la loi ouvrant un « droit à l’aide à mourir », le pape a rappelé, à Paris comme à Lourdes, que la dignité humaine ne dépend ni de l’autonomie, ni de l’état de santé, ni de l’utilité sociale d’une personne.
Dès son passage à l’Élysée, Léon XIV a dénoncé « l’offre d’une mort programmée », mettant en garde contre une évolution qui risque de détourner la médecine de sa vocation première : soigner, soulager, accompagner et protéger celui qui souffre.
À Lourdes, au milieu des malades, des personnes handicapées et de leurs accompagnants, son message a pris une force particulière. « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort. Ce qui est légal n’est pas forcément moral », a-t-il déclaré.
Cette distinction est essentielle. Une loi peut autoriser un acte sans pour autant résoudre la question morale qu’il pose. Pour les soignants chrétiens, mais aussi pour tous ceux qui considèrent que la médecine doit demeurer au service de la vie, la conscience ne peut simplement disparaître devant la norme juridique.
Les paroles du pape ont ainsi été reçues comme un soutien par plusieurs professionnels des soins palliatifs, dont beaucoup ont vécu difficilement les débats sur l’aide à mourir. Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs et ancienne présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, résume cette vocation par une formule qui rejoint profondément l’anthropologie chrétienne : « Soigner les corps, panser les âmes. »
C’est précisément là que se situe l’enjeu. Le malade en fin de vie n’est jamais seulement un corps devenu fragile ou dépendant. Il demeure une personne entière, digne d’être aimée, entourée et soignée jusqu’au terme naturel de son existence.
Cette question concerne aussi directement la liberté de conscience des médecins, infirmiers et établissements qui refusent de participer à un acte ayant pour finalité de provoquer la mort. Pour eux, l’objection de conscience ne constitue pas un refus de soigner : elle procède au contraire d’une certaine conception du soin, fondée sur la conviction que le rôle du médecin est d’accompagner la vie et non d’y mettre fin.
En remettant cette question au cœur du débat français, Léon XIV rappelle que l’adoption d’une loi ne clôt jamais la réflexion morale. Face à la souffrance, la réponse chrétienne demeure celle de la présence, de la compassion, des soins palliatifs et de la fidélité à la véritable dignité de toute vie humaine jusqu’à son dernier instant.
Adèle Cottereau
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