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Une nouvelle reconnaissance de l’enfant à naître en Espagne

Une nouvelle reconnaissance de l’enfant à naître en Espagne

 

La Communauté de Madrid vient d’adopter une mesure qui suscite un vif débat en Espagne. Désormais, dès qu’une grossesse est médicalement confirmée, l’enfant à naître sera pris en compte pour déterminer l’accès d’une famille à certaines aides sociales. Présentée comme une politique de soutien à la maternité face à l’effondrement de la natalité, cette réforme est dénoncée par la gauche comme une remise en cause indirecte de la législation sur l’avortement.

Entrée en vigueur le 11 juillet, la loi reconnaît l’« enfant conçu et non-né » dans le calcul de plusieurs prestations sociales. À partir de la quatorzième semaine de grossesse, les familles attendant un troisième enfant pourront notamment bénéficier de réductions sur les transports publics, d’aides financières et d’autres subventions. En cas de fausse couche, les aides déjà perçues ne devront pas être remboursées.

Pour Isabel Díaz Ayuso, présidente de la Communauté de Madrid, cette réforme répond avant tout à l’urgence démographique que traverse l’Espagne : « Cette initiative est en faveur de la famille et vise à lutter contre la chute vertigineuse des taux de natalité », a-t-elle insisté.

Le constat est en effet préoccupant : le taux de fécondité est passé de 2,8 enfants par femme en 1975 à seulement 1,1 en 2024, l’un des plus faibles au monde.

Le Partido Popular présente également cette réforme comme une mesure concrète de soutien aux parents. Son porte-parole national, Borja Sémper, résume ainsi son objectif : « Aider les familles, soutenir la maternité, promouvoir l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, et faire en sorte qu’avoir des enfants en Espagne ne soit plus considéré comme un exploit héroïque. »

Au-delà des aides accordées aux familles, les déclarations d’Isabel Díaz Ayuso ont particulièrement retenu l’attention. La dirigeante régionale a dénoncé les quelque 100 000 avortements pratiqués chaque année en Espagne, qu’elle qualifie de « chiffre atroce » et d’« échec de la société espagnole ».

Après l’adoption de la loi, elle a lancé un courageux appel en faveur de la protection de toute vie humaine : « Un bébé à naître est une bénédiction. Chaque vie compte ; chaque vie est unique, irremplaçable, de la conception jusqu’au dernier souffle. Légiférons et unissons-nous en faveur de la vie. »

Enfin, au-delà des aides financières qu’elle instaure, cette loi marque un changement de perspective. En reconnaissant juridiquement l’existence de l’« enfant conçu et non-né » dans les politiques familiales, elle réintroduit dans le débat public une question essentielle : la société peut-elle soutenir la maternité sans reconnaître, d’une manière ou d’une autre, la réalité de l’enfant attendu ?

                                                 Adèle Cottereau

Sources : https://genethique.org/madrid-adopte-une-loi-sur-l-enfant-concu-et-non-ne/

https://spectator.com/article/madrid-is-introducing-benefits-for-unborn-children/

Photo: Adobe Stock

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