« Colombie : des milliers de personnes dans la rue contre le “génocide” des enfants à naître
Le vingt-trois mai dernier, des milliers de Colombiens sont descendus dans les ruesi à l’occasion de la XXe Marche nationale pour la Vie afin d’exiger l’abrogation des décisions judiciaires ayant dépénalisé l’avortement dans le pays. Dans plus de trente villes, les manifestants ont dénoncé ce qu’ils qualifient de véritable « génocide » des enfants à naître.
La mobilisation, organisée par la plateforme citoyenne Unidos por la Vida avec plusieurs associations de défense de la famille et de la vie humaine, s’est déroulée simultanément dans de nombreuses villes colombiennes. Cali, Carthagène, Valledupar ou encore Bucaramanga ont connu d’importants rassemblements. À Bogota, le cortège est parti du Parc national pour rejoindre la place Bolívar, où a été lu le manifeste officiel de cette XXe Marche nationale pour la Vie devant une foule brandissant drapeaux et pancartes bleu ciel.
Dans ce manifeste, les organisateurs remercient les Colombiens d’être venus « clamer avec force que la vie humaine est inviolable et qu’elle doit être protégée depuis le moment de la fécondation jusqu’à la mort naturelle ».
La plateforme Unidos por la Vida dénonce avec vigueur les conséquences des décisions prises par la Cour constitutionnelle colombienne. Selon ses chiffres, « plus de 500 000 bébés colombiens ont été avortés de manière cruelle et sanglante » depuis la dépénalisation partielle de l’avortement en 2006, puis son élargissement en 2022.
Le manifeste demande explicitement à la Cour constitutionnelle d’abroger ces décisions afin de mettre un terme à ce qu’elle considère comme une destruction massive des enfants à naître. Les organisateurs alertent également sur les conséquences démographiques de cette politique, affirmant que la baisse continue des naissances entraîne progressivement la Colombie vers un véritable hiver démographique.
Les participants ont aussi dénoncé l’évolution des lois sur l’euthanasie dans le pays. La Colombie a dépénalisé cette pratique dès 1997, mais Unidos por la Vida accuse aujourd’hui le gouvernement du président Gustavo Petro d’encourager une extension inquiétante de cette logique. Le collectif critique notamment la circulaire 813, qui étendrait l’accès à l’euthanasie aux mineurs sans autorisation parentale et dans des situations qui ne se limiteraient plus aux maladies terminales.
« Les enfants de Colombie ont le droit de vivre », affirme le manifeste.
Les organisateurs ont également tenu à remercier publiquement l’Église catholique, les Églises chrétiennes et les différentes communautés religieuses qui, selon eux, soutiennent depuis vingt ans le combat contre « l’avortement, l’euthanasie et tous les crimes contre la vie et la dignité humaine ».
Enfin, Unidos por la Vida a lancé un appel solennel à l’ensemble des candidats afin qu’ils prennent « un engagement sérieux et ferme pour arrêter ce massacre » et défendre sans ambiguïté la vie humaine dès la conception.
Vingt ans après les premières mobilisations, le mouvement pro-vie colombien entend montrer qu’une part importante de la société refuse toujours la banalisation de l’avortement et de l’euthanasie, et réclame une véritable protection des plus vulnérables.
Adèle Cottereau
Source : https://www.infocatolica.com/?t=noticia&cod=55162
Photo: Adobe Stock