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Espagne : le gouvernement veut faire de l’avortement un dogme intouchable

Espagne : le gouvernement veut faire de l’avortement un dogme intouchable

 

Le gouvernement espagnol a franchi une nouvelle étape dans son offensive idéologique en faveur de l’avortement. Le sept avril dernier, il a donné son feu vert à une réforme de la Constitution destinée à « protéger » ce qu’il présente comme un droit fondamental. En réalité, il s’agit d’inscrire plus profondément encore dans l’ordre juridique espagnol la possibilité de supprimer l’enfant à naître, tout en obligeant l’ensemble des pouvoirs publics à garantir l’accès à l’interruption volontaire de grossesse sur tout le territoire.

 

La réforme prévoit un ajout à l’article 43.3 de la Constitution. Son objectif est clair : faire en sorte que l’avortement, déjà reconnu par la loi de 2010 et confirmé en 2023 par le Tribunal constitutionnel, soit encore davantage mis à l’abri des alternances politiques. Le gouvernement socialiste justifie cette initiative par la crainte qu’une éventuelle arrivée au pouvoir du Parti populaire ou de Vox puisse remettre en cause ce dispositif. Le ministre de l’Égalité, Ana Redondo, a affirmé que « l’exercice réel et effectif » de l’avortement serait aujourd’hui menacé sur certaines parties du territoire, parlant même de « femmes de première et de seconde catégorie » selon leur lieu de résidence.

 

Le langage employé est révélateur. Ce qui est présenté comme un progrès des « droits des femmes » est en réalité une volonté de constitutionnaliser l’avortement, c’est-à-dire de donner à l’élimination de l’enfant avant sa naissance une forme de consécration institutionnelle suprême. La porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, a d’ailleurs déclaré que l’Espagne se placerait ainsi « à l’avant-garde des pays européens » dans la protection de ces prétendus droits. Mais il faut appeler les choses par leur nom : il ne s’agit pas ici de protéger une liberté abstraite, mais de renforcer un système où la vie humaine la plus vulnérable continue d’être privée de toute défense.

 

Pour que cette réforme aboutisse, une majorité des trois cinquièmes sera nécessaire au Congrès comme au Sénat. Le Parti populaire a déjà annoncé qu’il voterait contre, mais le gouvernement a prévenu qu’il tenterait de le convaincre. Et si la réforme échouait, l’exécutif entend malgré tout accentuer la pression sur les communautés autonomes où les avortements sont peu pratiqués dans les centres publics, comme Madrid ou l’Andalousie, mais aussi dans certaines régions gouvernées par les socialistes. Autrement dit, même sans réforme constitutionnelle, la stratégie demeure la même : banaliser toujours davantage l’avortement et imposer sa présence dans les structures publiques.

 

Cette nouvelle initiative montre jusqu’où va désormais la logique de la culture de mort en Europe. Il ne suffit plus de tolérer l’avortement ; il faut le sanctuariser, le promouvoir et le transformer en obligation politique. Le plus tragique est que, dans ce discours officiel saturé de droits, d’égalité et de modernité, l’enfant à naître demeure le grand absent. Sa vie, son existence, sa dignité ne sont jamais nommées.

 

Constitutionnaliser l’avortement, ce n’est pas défendre un droit. C’est inscrire dans le marbre l’abandon légal du plus innocent. Une société vraiment juste devrait au contraire chercher à protéger à la fois la mère en difficulté et l’enfant qu’elle porte, et non ériger la suppression de ce dernier en principe intouchable.

 

                                      Adèle Cottereau

 

Sources : https://genethique.org/espagne-lexecutif-donne-son-feu-vert-a-linscription-de-lavortement-dans-la-constitution/

https://elpais.com/espana/2026-04-07/rueda-de-prensa-del-consejo-de-ministros-en-directo-el-gobierno-da-luz-verde-a-la-reforma-para-blindar-el-aborto-en-la-constitucion.html

 

Photo: Adobe Stock

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