Léon XIV en Espagne : « La défense de la vie humaine est un but de la civilisation »
À l’occasion de sa récente visite en Espagne, à la mi-juin, le pape Léon XIV s’est adressé aux parlementaires réunis à Madrid. Dans un discours d’une grande densité, le Saint-Père a abordé les fondements de la dignité humaine, la famille, la liberté religieuse et le bien commun. Mais c’est surtout son appel en faveur de la protection de toute vie humaine, de la conception à la mort naturelle, qui a marqué son intervention.
Le Pape a d’abord rappelé ce qui constitue le fondement de toute société juste : « Toute société véritablement juste repose sur la reconnaissance de la dignité inviolable de la personne humaine. Cette dignité précède toute concession de l’État et ne saurait être subordonnée à un consensus social fluctuant ni aux caprices des majorités du moment. »
Léon XIV a ensuite mis en garde contre ce que le pape François appelait la « culture du déchet ». « Si la vie cesse d’être reconnue comme une valeur fondamentale, quel avenir nos sociétés peuvent-elles espérer ? », interroge-t-il.
Puis il a poursuivi : « Une société qui jette l’ombre sur l’enfant à naître, les personnes âgées, les malades, ceux qui souffrent en silence ou ceux qui dépendent entièrement des soins d’autrui peut-elle véritablement être qualifiée de juste ? »
Le Saint-Père a alors rappelé que la défense de la vie ne relevait ni d’un parti politique ni d’une conviction réservée aux croyants : « La défense de la vie humaine n’est ni une question partisane ni une préoccupation confessionnelle : c’est un but de la civilisation. Toute vie humaine doit être reconnue et protégée de la conception à la mort naturelle, en toutes circonstances de son existence », a-t-il insisté.
Le pape Léon XIV a également averti des conséquences d’un affaiblissement de cette certitude fondamentale. Il a notamment déclaré : « Lorsque cette certitude est obscurcie, les plus vulnérables deviennent les premières victimes et la loi perd son sens le plus profond : servir et protéger chaque personne. »
En effet, a-t-il ajouté, « La grandeur morale d’une nation se manifeste avant tout dans sa capacité à accompagner, protéger et aimer les vies qui traversent une plus grande fragilité. »
Le Pape a ensuite souligné le rôle irremplaçable de la famille. Selon lui, « la famille sera toujours la première école de l’humanité où, avant tout, on apprend les fondements du vivre-ensemble : accueillir la vie, prendre soin des autres, pardonner, servir et appartenir à un groupe ».
Plus loin, Léon XIV est revenu sur la liberté religieuse, qu’il considère comme l’un des piliers d’une société authentiquement libre : « Être libre ne signifie pas seulement être libre de toute contrainte ou disposer d’une multitude de choix ; cela signifie être capable de reconnaître le bien et d’y adhérer de manière responsable. »
Enfin, dans l’une des conclusions les plus fortes de son discours, le Saint-Père a rappelé aux responsables politiques que la légitimité d’une loi ne dépend pas uniquement des procédures : « Une loi n’atteint pas sa véritable grandeur par le simple fait d’avoir été formellement approuvée ; elle l’atteint lorsque, en plus d’être valide dans sa forme, elle peut se présenter devant la dignité de la personne et sortir de cet examen sans honte. »
Et le pape Léon XIV de lancer cet appel : « Je vous invite donc à lever les yeux : non pas pour vous détourner de la réalité, mais pour vous souvenir que chaque décision prise par les pouvoirs publics affecte des personnes réelles, en particulier celles qui ont le moins de moyens de se faire entendre. »
Dans une Europe marquée par les débats sur l’avortement et l’euthanasie, ce discours du pape Léon XIV apparaît comme un rappel puissant : la dignité humaine ne dépend ni des majorités du moment ni des circonstances de l’existence. Une société véritablement juste se mesure d’abord à la manière dont elle protège les plus vulnérables.
Adèle Cottereau
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